Aujourd'hui, 3 millions de Norvégiens vont élire 157 députés pour
quatre ans, dans ce pays que les ressources pétrolières ont, depuis vingt ans, transformé en «Koweit de l'Europe». Si une possible érosion du Parti travailliste, qui joue un rôle prépondérant depuis près de cinquante ans, reste l'enjeu essentiel du scrutin, la montée du Parti du progrès constitue la surprise de la campagne. Formation la plus à droite de la scène politique, elle glorifie «la famille norvégienne», prône une «société sans mélange» où «l'argent profite d'abord à la nation et non aux pays du tiers monde». Installé en Norvège depuis six ans, Renaud Soufflot de Magny, chercheur en sciences sociales au Centre d'études supérieures d'Ostfold, analyse ce phénomène.
En France, la montée du FN a coïncidé avec la crise économique. En Norvège, troisième pays le plus riche selon l'OCDE, l'extrême droite monte aussi. Pourquoi?
Il faut tout d'abord se garder des parallèles entre Jean-Marie Le Pen et Carl Igar Hagen, leader du Parti du progrès, que je qualifierai plutôt de droite populiste. En Norvège, pays indépendant depuis 1905 seulement, le nationalisme a des couleurs romantiques, bon enfant, et représente une des valeurs les mieux partagées par tous les partis. Sur les débats de société, Hagen a défendu des positions qui peuvent surprendre les Français: il s'était, par exemple, prononcé plutôt en faveur de l'Union européenne. En revanche, le discours du Parti du progrès prend pour toile de fond le thème poujad




