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Libération

Japon: un ministre démissionné par l'opinion publique. Koko Sato avait été condamné pour avoir touché des pots-de-vin.

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Publié le 23/09/1997 à 8h36

Tokyo de notre correspondante

Pour la première fois dans l'histoire politique du Japon depuis la guerre, un ministre a dû démissionner sous la pression de l'opinion publique. Fait également sans précédent, le Premier ministre, Ryutaro Hashimoto, s'est publiquement excusé lors d'une conférence de presse pour avoir fait entrer dans son gouvernement un homme condamné il y a quelques années pour avoir reçu des pots-de-vin.

D'ordinaire, au Japon, ce genre de cuisine politicienne se règle loin des caméras de télévision, lors d'interminables réunions secrètes dans des restaurants huppés fréquentés par les chefs de faction du Parti libéral-démocrate (PLD) et leurs alliés de la coalition. Mais, cette fois, l'opinion s'en est mêlée, exprimant un profond ras-le-bol à l'égard d'une classe politique opaque et méprisante. Une chaîne de télévision privée a même comparé l'autre soir les «dinosaures» de Nagata-cho (le quartier du Parlement à Tokyo) au «monde perdu de Jurassic Park», en référence au film de Steven Spielberg, à l'affiche de tous les cinémas tokyoïtes en ce moment. «Le peuple m'a donné une leçon (") Je ne pensais pas que l'opinion réagirait aussi vivement», a avoué le Premier ministre.

Retour en arrière. Début septembre, Ryutaro Hashimoto est réélu sans surprise à la tête du PLD. Une pure formalité, puisqu'il est le seul candidat. Dans la foulée, il annonce un vaste remaniement du gouvernement. Seuls trois ministres conservent leur poste, dont celui des Finances, Hiroshi Mitsuzuka

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