New York envoyé spécial
Le Japon a franchi mardi à New York un nouveau pas, peut-être décisif, sur la voie de sa transformation en une puissance militaire régionale qui jouera, à terme, un rôle central dans la sécurité en Asie. Réunis en marge de l'assemblée générale de l'ONU, Madeleine Albright, le secrétaire d'Etat américain, et Keizo Obuchi, son homologue japonais, ont dévoilé ce qui n'est officiellement que la «révision des principes de coopération américano-japonaise dans le domaine de la défense». Ce texte de 12 pages renforce l'alliance militaire américano-japonaise. Le traité de sécurité de 1960 avait pour objet de garantir la défense de l'archipel japonais en cas d'invasion soviétique. Les nouveaux «principes» définissent le rôle que jouera le Japon en cas de conflit dans la région Asie-Pacifique. C'est une révolution copernicienne: de protégé passif, le Japon devient partenaire actif des Etats-Unis dans la défense régionale.
Le choix de New York, où Obuchi a revendiqué mardi pour le Japon un siège de membre permanent au Conseil de sécurité, n'est pas innocent. Les Etats-Unis exigent depuis longtemps du Japon qu'il «porte une plus grande part du fardeau» stratégique. Le budget militaire japonais (plus de 300 milliards de francs par an) est le troisième au monde selon l'Institut international d'études stratégiques et son armée (les forces d'autodéfense, ou SDF) est, de loin, la plus moderne en Asie. Les nouveaux «principes» précisent l'aide militaire que le Japon appo




