Moscou envoyé spécial
Les armes nucléaires françaises ne sont plus pointées sur des cibles russes. Telle est la surprise plus symbolique que substantielle que Jacques Chirac réserve à son «grand ami» Boris Eltsine. C'est cet après-midi que le président de la République annoncera la nouvelle dans le discours qu'il prononcera devant l'Institut des relations internationales. Il s'agit en fait d'un prêté pour un rendu puisque le président russe avait fait la même annonce à l'adresse des Occidentaux lors de la signature à Paris en mai de l'accord établissant de nouvelles relations entre Moscou et l'Otan. Même si elle fait froncer les sourcils des puristes de la dissuasion tout azimut, la nouvelle doit être replacée dans le contexte stratégique international qui entraîne forcément une révision de l'importance des armées nucléaires. La France a d'ailleurs déjà pris en compte cet impératif puisqu'elle entreprend le démantèlement des missiles sol-sol du plateau d'Albion, les seuls en fait qui étaient très ciblés. Ce n'est pas le cas des missiles installés à bord des sous-marins de la force de frappe ou encore des armes nucléaires air-sol.
L'annonce de Jacques Chirac ne pourra que conforter encore le climat chaleureux qui a régné sur sa première journée moscovite. C'est ainsi que Boris Eltsine n'a pas été avare de compliments à l'égard de son hôte lors de la cérémonie d'accueil dans la salle Saint-Georges du Kremlin. Souhaitant une «coopération tout azimut» avec la France, le prés




