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Libération

Chirac ménage Eltsine sur l'Otan. A Moscou, il a laissé le président russe dénoncer des «ingérences extérieures» à l'Europe.

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Publié le 27/09/1997 à 8h56

Moscou envoyé spécial

L'amitié avec Boris Eltsine a un prix: il faut parfois consentir à l'écouter sans réagir même lorsqu'il expose des vues qui ne sont pas exactement les vôtres. C'est ce qui est arrivé vendredi à Jacques Chirac lorsque le président russe, très en forme, s'est lancé durant un point de presse dans la description du système de sécurité européen qui a ses faveurs. Après avoir rappelé son opposition à l'élargissement de l'Otan ­ pourtant accepté dans les faits au moins en ce qui concerne la Hongrie, la Pologne et la République tchèque moyennant la signature du pacte Otan-Russie ­, il s'est énervé contre les «ingérences extérieures à l'Europe» et, visant les Etats-Unis, a affirmé que la sécurité européenne ne devrait dépendre «que des Européens et de la Russie».

Il est probable que Eltsine n'en pense pas autant. Il s'adresse surtout à Washington lorsqu'il parle ainsi devant un Chirac qui ne veut pas contrarier son «grand ami Boris Nicolaïevitch». L'ennui, c'est que la politique française ne sort pas clarifiée de l'exercice, surtout si on compare les silences chiraquiens observés à Moscou avec les déclarations présidentielles faites naguère à Washington (notamment à propos de l'amitié franco-américaine) ou au sommet de l'Otan à Madrid (sur la poursuite de l'élargissement de l'Alliance).

Chirac lui-même a dû se rendre compte du problème puisque, plus tard dans la journée, il s'est employé à faire de Eltsine un partisan" de l'européanisation de l'Otan, tout en affirm

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