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Srebrenica refuse d'envisager le verdict des urnesLes Serbes s'inquiètent de la possible élection d'un maire musulman dans la ville martyre.

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Publié le 02/10/1997 à 11h09

Srebrenica envoyé spécial

Des lambeaux de brume frangeant les ruines ajoutent à l'atmosphère de désolation. Et le sentiment de malaise va croissant alors qu'à travers la montagne, la piste de glaise rouge monte vers Srebrenica. Les villages ne sont plus. Les fermes ont été pulvérisées par l'acharnement méthodique des artilleurs. Sur les parcelles, pourtant, à côté de ces squelettes de foyers, poussent des cahutes préfabriquées. Chaque friche a la sienne où s'entassent, vaille que vaille, les nouveaux maîtres de la région. Sur les charniers du massacre le plus important de la guerre de Bosnie, la direction nationaliste serbe a entrepris une politique de repeuplement systématique avec l'intention affirmée de rendre «irréversibles» ses conquêtes territoriales.

Nettoyage ethnique. En plein centre de Srebrenica gisent les décombres de la mosquée dynamitée, sa coupole renversée, la flèche brisée du minaret. Monument dérisoire et sinistre à la «victoire» des miliciens qui, le 11 juillet 1995, entraient en force dans cette «enclave» officiellement protégée par les Nations unies. Les façades des immeubles, sur la rue principale, portent encore les impacts de la gigantesque chasse à l'homme lancée par les soudards contre la population du bourg. A ce jour, les organisations humanitaires recherchent toujours quelque 8 000 habitants exécutés ou «disparus». Avant la guerre, 25 000 personnes vivaient dans cette région, musulmane à 73%. L'exil a été leur unique alternative à la mort. Srebren

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