Ce sont des gâteaux carrés, les uns marrons, les autres verts. Des
ersatz que la Corée du Nord produit en masse dans des usines implantées en dehors de la capitale, Pyongyang, pour pallier la famine qui ravage depuis trois ans ce pays vivant en huis clos sous la dictature de Kim Jong-Il, héritier de la première dynastie communiste du monde. «Les premiers sont faits avec des écorces d'arbres, les seconds avec des feuilles. Ils remplissent l'estomac mais n'ont, bien sûr, aucune valeur nutritive. De surcroît, ils sont très difficiles à digérer, et de nombreux habitants souffrent d'hémorragies intestinales», raconte Catherine Bertini, la directrice du Programme alimentaire mondial (PAM), rencontrée vendredi dernier à Paris. Les autorités nord-coréennes en sont aussi réduites à moissonner les algues sur les côtes pour en faire des substituts alimentaires, «mais les algues, au moins, ont une certaine valeur nutritive», complète la directrice du PAM. Venue à Paris pour tenter de convaincre le gouvernement français d'apporter une aide alimentaire à ce pays, Catherine Bertini craint une aggravation de la situation. «Toute la nourriture est distribuée par le gouvernement de manière centralisée, même dans les campagnes. Le rationnement est mensuel. Or le gouvernement n'a plus rien à distribuer et la famine est très grave. A l'approche de l'hiver, les gens, qui d'ores et déjà n'ont pas assez de nourriture, vont en avoir de moins en moins.» Elle estime le déficit alimentaire, à l'issue d




