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Analyse

Les puissances africaines dament le pion à l'Occident. Sassou N'Guesso a trouvé un appui du côté de l'Angola.

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Publié le 16/10/1997 à 10h05

La victoire de Denis Sassou N'Guesso permet de mesurer le temps qui

passe. Il y a dix ans, l'ancien ­ et, sans doute, le futur ­ chef de l'Etat congolais eut maille à partir avec un rebelle dans le nord, un certain Pierre Anga. A l'époque, les «réseaux» franco-africains fonctionnaient encore jusque dans leurs ramifications capillaires. Aussi, le Premier ministre français d'alors, Jacques Chirac, envoya-t-il un avion de transport C-130 au «colonel rouge» Sassou N'Guesso, un marxiste «tropicalisé» au mieux avec le RPR. Les parachutistes congolais partirent de Brazzaville, et Pierre Anga fut abattu. En matière de politique africaine, ce fut le seul accroc dans une cohabitation sans nuages avec François Mitterrand, court-circuité. Une décennie plus tard, le président Chirac n'a rien voulu faire. Non pas parce qu'il serait devenu meilleur «cohabitationniste», mais parce que, converti à une politique africaine d'inaction, il n'a rien vu venir. Pas plus que le gouvernement socialiste qui, jusqu'à avant-hier, fondait ses espoirs de paix sur un cessez-le-feu prétendument signé par les deux protagonistes. En fait, Sassou N'Guesso n'a jamais signé le même projet de trêve que le président Pascal Lissouba dont il contestait, dans sa propre mouture, la «légalité» alors que ce dernier avait insisté que ne fût désarmée la «force publique», son armée" Mais ce qui est plus important: l'ex-chef de l'Etat congolais a compris que, pour l'emporter aujourd'hui, il ne sert à rien d'assaillir le sta

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