C'est avec une forte propension à l'autoflagellation que la France
«a pris acte», hier midi, de la victoire militaire de Sassou N'Guesso à Brazzaville. Du début à la fin, les quatre mois du conflit congolais resteront «un échec de la diplomatie internationale et la France fait partie du concert des nations», a reconnu Jacques Rummelhardt, porte-parole du Quai d'Orsay.
Hier, la chute du Congo en disait aussi long sur les perdants que sur les vainqueurs, et les chancelleries occidentales font assurément partie des premiers. Au siège des Nations unies, à New York, l'ambiance n'était pas non plus au triomphalisme. Soutenu notamment par la France et l'Union européenne, le déploiement d'une force de maintien de la paix n'était plus hier à l'ordre du jour et le Conseil de sécurité de l'ONU s'est abstenu de réitérer ses menaces de sanctions contre le Congo, lancées la veille à peine. Interrogé sur ce revirement, le président du conseil, Juan Somavia, s'est presque fâché. «La question n'était pas d'être ridicule ou pas, mais d'être capable de prendre la décision appropriée au bon moment ["]. Nous ne savons pas ce qui peut arriver demain sur le terrain.»
C'est sur l'implication des troupes angolaises dans le conflit congolais, au côté de Sassou, que la diplomatie occidentale a retrouvé un semblant de dignité, la condamnant d'une seule voix. Autre grand acteur sur le continent africain, les Etats-Unis se sont cette fois montrés les plus irrités. «Nous aimerions mieux que le gouvernement a




