Menu
Libération

Pol Pot: «Est-ce que j'ai une tête de sauvage?» Le leader khmer rouge minimise le génocide cambodgien.

Réservé aux abonnés

Publié le 23/10/1997 à 10h00

Saloth Sar, alias Pol Pot, alias «frère numéro un», ne regrette

rien. «Regardez-moi, est-ce que j'ai une tête de sauvage? J'ai la conscience tranquille» C'est ce que déclare l'ancien chef du mouvement Khmer rouge dans une interview exclusive que publie aujourd'hui un hebdomadaire de Hong-kong, la Far Eastern Economic Review. Le maître d'oeuvre du génocide cambodgien (dont le bilan s'élève à deux millions de victimes entre 1975 à 1979, selon les études les plus sérieuses) n'avait pas accordé d'entretien depuis plus de vingt ans.

«Exclusivité». C'est à nouveau à Nate Thayer, seul journaliste à assister à son «procès» devant un «tribunal populaire» le 25 juillet dernier, que la faction khmère rouge qui détient Pol Pot a accordé le privilège de cette nouvelle «exclusivité». L'entretien, qui a duré deux heures, a été réalisé dans le fief khmer rouge d'Anlong Veng, au nord du Cambodge, le 16 octobre. Agé de 69 ans (72 ans selon certaines sources), Pol Pot avait l'air «très malade, peut-être au seuil de la mort», selon le journaliste de la Review. «Un proverbe khmer dit que celui qui est à la fois vieux et malade n'a plus que la mort devant soi», a déclaré celui qui demeure sans conteste l'homme le plus haï des Cambodgiens.

Erreurs. Défendant les exécutions d'opposants politiques, celui qui fut pendant trente-sept ans le chef du mouvement khmer rouge estime cependant que «dire que des millions sont morts est exagéré». L'ancien chef de l'Angkar admet avoir «commis des erreurs», mais di

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique