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Sassou revient à Brazzaville. La présence de l'armée angolaise complique le retour à la paix.

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Publié le 24/10/1997 à 10h35

Brazzaville, envoyé spécial.

Dans le décor troglodytique d'une capitale éventrée par 131 jours de pluie d'obus, l'entrée triomphale de Denis Sassou N'Guesso a pris des allures insolites. D'autant que, hier matin, le cortège de l'ex-nouveau président du Congo ressemblait plutôt à un rodéo de chef de guerre: une soixantaine de véhicules hétéroclites, tous cabossés et surchargés de grappes de combattants, ont suivi, en klaxonnant, la Mercedes noire blindée de Sassou N'Guesso. Celui-ci, une semaine après sa victoire, a été acclamé par les rares habitants déjà réinstallés dans la ville fantôme qu'ils avaient fui sous le feu de l'artillerie lourde. «J'ai reçu ma part de bombes», a déclaré l'homme du nord, de retour de son fief à 450km de Brazzaville, en faisant le tour de sa propriété, privée d'eau et d'électricité. Le plafond de son bureau ayant été crevé par un obus, il a reçu sur la véranda de sa villa, transformée en salle d'audience.

Pour «remettre de l'ordre» dans la capitale, comme il l'a promis, Sassou N'Guesso aura fort à faire. Non pas seulement en raison des pillages qui se poursuivent et des miliciens «Cobras», décidés à transformer leur victoire en rente de situation. «Nous sommes l'armée et on a besoin de solde», expliquent-ils aux barrages en «taxant» les passants. Mais, aussi, à cause d'une forte présence militaire angolaise qui complique, autant qu'elle y contribue, la paix civile. Hier, l'ambassadeur de France a été brièvement interdit d'accès à l'aéroport, tenu pa

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