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Libération
Reportage

Douze Français dans le mauvais camp au Congo. Avec d'autres étrangers, ils sont accusés de trafic d'armes et de mercenariat pour le compte de l'ex-président Lissouba.

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Publié le 30/10/1997 à 10h54

Pointe-Noire, envoyé spécial.

D'habitude, ils sont dans la pièce du fond, sans lumière du jour, à même le sol cimenté, tapissé de bouts de carton graisseux. Mais, pour la «présentation», ils ont été rassemblés dans une autre pièce, d'environ trois mètres sur quatre, qui fait la jonction avec le guichet du commissariat central. Là-bas, dans le clair-obscur et une forte odeur de sueur, seize hommes sont davantage accroupis qu'assis sur une banquette en béton. Plusieurs d'entre eux ne portent qu'un slip sale. Ce sont des Russes et des Ukrainiens, onze au total. D'autres, comme Paul Mathieu, l'un des deux Belges, portent chemise et pantalon. A droite, regroupés dans un coin, trois Français lèvent la tête. Pilote quinquagénaire, le visage rubicond, Jean-Jacques Bazin ne dira rien. «La dernière fois qu'on a vu des journalistes, ils ont écrit qu'on était des trafiquants d'armes, des mercenaires. Ce n'est plus la peine», explique Pierre-Henri Bru, 42 ans, non sans préciser qu'il s'est fait «plusieurs fois taper sur la gueule».

Société écran. Finalement, le seul à répondre est Thierry Passerat de la Chapelle, 32 ans, le plus jeune d'entre eux. Il affirme être venu «en vacances» au Congo, le 4 septembre, pour y «construire un bateau avec un ami de longue date». Ce n'est pas la version du gouverneur de Pointe-Noire, le colonel Ntsourou. Selon lui, le frère de Thierry de la Chapelle aurait monté «une société écran de sécurité» qui, sous prétexte de gardiennage des installations d'Elf dans

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