Tokyo, de notre correspondante.
«Sans la Russie, il n'y aura pas de stabilité en Asie.» C'est par ces mots que le Premier ministre japonais, Ryutaro Hashimoto, a voulu résumer le «sommet sans cravate» qu'il a eu ce week-end avec le président russe, Boris Eltsine. Un sommet informel, donc, mais néanmoins qualifié d'«historique», les deux côtés rivalisant de superlatifs pour saluer la portée de la rencontre. Dans cet élan, le vice-Premier ministre russe, Boris Nemtsov, a même été jusqu'à dire qu'il s'agissait de «l'événement le plus important depuis la visite du chancelier allemand Adenauer en Russie en 1955», qui devait sceller la reprise des relations entre les deux pays" Camp «orientaliste». Les mauvaises langues relèveront sans doute que ces superlatifs sont en grande partie à usage interne. En mauvaise posture à domicile face à des rivaux qui cachent de moins en moins leur intention de le remplacer à commencer par son ministre des Affaires étrangères, Keizo Obuchi , Ryutaro Hashimoto avait bien besoin d'un succès diplomatique pour redorer son blason. Côté russe, il y a toujours eu, au Kremlin mais aussi dans l'opinion, un camp «orientaliste» qui voudrait voir la Russie jouer un plus grand rôle en Asie pour contrebalancer l'influence américaine mais surtout chinoise, et qui se félicite à chaque fois que des initiatives sont prises en ce sens.
Mêmes inquiétudes. Mais les avancées enregistrées à Krasnoïarsk sont réelles. Elles témoignent qu'un vent nouveau souffle bien depu




