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Libération

Un entretien avec Helmut Kohl, europhile et inusable. «L'euro sera une success story».

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A un an des législatives en Allemagne, le chancelier réaffirme son engagement européen. Et se dit prêt à rempiler.

ParJacques AMALRIC
Bonn, envoyé spécial.
Publié le 03/11/1997 à 13h10

«Dans une heure, dans ce bureau, je recevrai les dirigeants de la coalition gouvernementale. Nous examinerons un certain nombre de dossiers, importants et moins importants. Chacun parlera, exposera ses idées. Nous pèserons le pour et le contre. Mais à un moment donné, ce sera à moi de décider. Seul. Je prendrai tous les risques, toutes les responsabilités. Et, s'il y a un problème, je sais que personne ne me viendra en aide.» On peut reprocher pas mal de choses à Helmut Kohl ­ son poids et ses habiletés, son parler vrai et son art de l'esquive, son antipathie à l'égard des journalistes et l'usage qu'il tente d'en faire, l'aquarium qui trône à côté de son bureau et la collection de souvenirs au goût discutable qui occupe le mur voisin ­, mais on ne peut guère contester son attitude face au pouvoir. Le pouvoir, il l'a toujours recherché, il l'a obtenu, il l'a aujourd'hui et il entend bien le conserver à l'issue des prochaines élections législatives, en septembre 1998.

L'inadvertance n'a rien à voir dans cette aventure. Le chancelier, soudain si à l'aise après quelques minutes d'échauffement, serait sans doute le dernier à prétendre le contraire. Mais ce qu'il va revendiquer, à mots couverts mais à certitudes fortes, pendant les presque deux heures d'entretien qu'il accorde, dans son bureau de la chancellerie, à Bonn, à quatre journalistes français à l'occasion de la parution dans l'Hexagone de son récit consacré à l'unification de l'Allemagne, c'est la cohérence de sa démarche

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