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Libération

Un «espion américain» risque la peine de mort à Cuba. Walter Van Der Veer n'a commis aucun acte de violence.

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Publié le 06/11/1997 à 13h23

Walter Van Der Veer, 46 ans, citoyen américain résidant à Miami, va

être jugé aujourd'hui à La Havane pour «incitation à action armée contre Cuba». Il risque le peloton d'exécution. Son procès intervient à un moment particulièrement sensible des relations empoisonnées qu'entretiennent le régime castriste et les Etats-Unis. Samedi doit par ailleurs s'ouvrir, sur l'île vénézuélienne de Margarita, le septième sommet ibéro-américain, et le lider Maximo, qui sera présent, se verra reprocher par ses pairs son mépris persistant des droits de l'homme et des usages démocratiques. L'affaire tombe à pic pour renverser l'accusation, en rappelant que Cuba est en butte à des agressions qui n'ont pas davantage à voir avec lesdits principes.

Tracts subversifs. Le prévenu et les juges de La Havane paraissent décidés à être à la hauteur de leurs rôles dans cette dramaturgie. Lorsqu'il fut informé, début septembre, de la peine qu'il encourait, Van Der Veer, dans une lettre à son avocat américain Ellis Rubin, écrivit: «Je ne suis pas un lâche et j'ai demandé 159 fois au gouvernement cubain la faveur de me fusiller pour pouvoir mourir avec honneur. J'espère qu'il le fera. Je ne veux plus vivre en ce monde. La mort sera la continuation de ma mission.» Van Der Veer ne s'est pourtant rendu coupable d'aucun acte de violence. Il se serait introduit à Cuba à deux reprises en 1996 en se faisant passer pour un touriste. On l'accuse d'y avoir clandestinement introduit des tenues de combat, d'avoir tenté,

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