«Le peuple chinois est en train de faire des miracles, se propulsantju squ’aux sommets au travers de cette action héroïque qui marque l’histoire de la race humaine et de son ambition à dompter les fleuves.» C’est en ces termes que l’agence officielle Chine nouvelle a décrit, samedi, la dérivation du cours du Yang-tsé, troisième fleuve du monde par sa taille (5 989 km). En Chine, où l’empereur a toujours légitimé son «mandat du ciel» par sa capacité à maintenir les digues des deux grands cours d’eau de l’empire du Milieu (le Yang-tsé et le fleuve Jaune), les organes de propagande du Parti n’y sont pas allés de main morte pour célébrer l’événement. «La coupure du cours du Yang-tsé kiang témoigne aux yeux du monde de la gloire de la civilisation socialiste (« ) et de la détermination du peuple chinois à conquérir la nature.» Le président chinois et chef du parti communiste, Jiang Zemin, et le Premier ministre, Li Peng, ont assisté à la cérémonie, qui s’est déroulée près de Yichang, sur le cours moyen du Yang-tsé. Une noria de camions a comblé les 40 derniers mètres restant pour bloquer le cours du fleuve, qui coule désormais par un canal de dérivation.
La construction du barrage des Trois Gorges proprement dit peut commencer. L’édifice sera le plus grand du monde et générera 18 200 mégawatts d’électricité (contre 12 600 pour le barrage d’Itaipu, au Brésil). Sa construction ne sera achevée qu’en 2009 (lire Libération de samedi). Un grand nombre d’experts demeurent opposés à




