Tokyo, de notre correspondante.
«Pensez-vous toujours que la Corée du Nord est un paradis? Oui.» Yoshie Arai, 64 ans, Japonaise mariée à un Nord-Coréen, vient d'être autorisée à revenir dans son pays natal pour la première fois depuis quarante ans, en compagnie de quatorze autres femmes dans son cas. Face aux journalistes venus les accueillir à l'aéroport de Narita samedi, la langue de bois stalinienne est de rigueur. «Cela fait quarante ans que nous vivons en république démocratique de Corée du Nord, explique Mme Arai. Nous vivons bien, nous sommes en bonne santé et heureuses.»
Cette visite d'une semaine a été organisée par les délégations de la Croix-Rouge des deux pays, le Japon et la Corée du Nord communiste n'entretenant pas de relations diplomatiques. Ces femmes ont quitté le Japon entre la fin des années 50 et le milieu des années 80 pour suivre leurs maris nord-coréens. Pendant la période de colonisation de la Corée par le Japon (1910-1945), plusieurs dizaines de milliers de Coréens ont été emmenés de force dans l'archipel pour servir de main-d'oeuvre, notamment dans les mines. Dans les années 60 et 70, une grande partie (plus de 90 000) de ces émigrés ont pu rejoindre leur pays natal grâce à un programme de rapatriement organisé par la Croix-Rouge. Pyongyang leur promettait monts et merveilles pour les convaincre de rentrer. On estime que plus de 1 800 Japonaises les ont suivis, en dépit souvent des mises en garde ou même de l'opposition de leur famille. Mises en ga




