Hanoi, envoyé spécial.
Le Viêt-nam comme un point d'ancrage d'une présence française en Asie du Sud-Est, sinon en Asie? L'idée a traversé l'esprit des responsables français depuis une dizaine d'année, depuis notamment 1986, lorsque le congrès du Parti communiste vietnamien (PCV) s'est rallié à la politique du «renouveau» économique, qu'on peut encore aujourd'hui résumer ainsi: beaucoup est permis dans la sphère de l'économique, mais tout ou presque reste interdit dans celle du politique. Ce n'est cependant que la perspective de la levée de l'embargo américain, imposé en 1964 au Viêt-nam du Nord et étendu en 1975 à la totalité du territoire vietnamien après la réunification par la force des armes, qui a fait vraiment bouger Paris. En témoigne la visite effectuée en 1993 par François Mitterrand. En témoigne aussi la décision prise il y a deux ans de tenir le sommet de la Francophonie cette année à Hanoi, une des rares capitales à se réclamer encore du communisme, en témoigne enfin la visite d'Etat de deux jours que Jacques Chirac entreprend ce matin au Viêt-nam avant de participer, de vendredi à dimanche, à la rencontre des 49 pays (dont 2 observateurs), «ayant le français en partage».
Décidée depuis longtemps, cette visite ne devrait pas réserver de grandes surprises: freinées par une direction communiste relativement divisée et par une bureaucratie incorrigiblement méfiante, tatillonne et souvent corrompue, les réformes piétinent. Ce contexte et la volonté des dirigeants de v




