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Libération

Une ouverture économique freinée par la corruption. La politique de «renouveau» lancée en 1986 patine. Et les investissements étrangers chutent.

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Publié le 12/11/1997 à 13h48

Hanoi, envoyé spécial.

Dès qu'on débarque à Hanoi, la vision est saisissante: par milliers, par dizaines de milliers, les foules partent à l'assaut des boulevards sur autant de motocyclettes Honda, symboles d'un individualisme retrouvé et de la spectaculaire augmentation du niveau de vie que connaît le Viêt-nam depuis dix ans. Le petit commerce est devenu l'affaire de tous, souvent même de fonctionnaires monnayant la parcelle de pouvoir qu'ils détiennent. Devant le lac Ho Kiem, un panneau de propagande dépeignant un poing vertueux brisant les «maux sociaux» que sont la corruption, la drogue et la prostitution cache mal le retour de la pratique omniprésente du «petit cadeau», de la dose et de la passe. La monnaie d'échange «sérieuse» au Viêt-nam est devenu le dollar américain; le dong est accueilli le plus souvent avec une moue de mépris. Rajeunissement. Inévitablement, dans un pays où 60% des 77 millions d'habitants a moins de 25 ans, les choses bougent. Le Viêt-nam n'est plus tout à fait une gérontocratie. La République socialiste est dirigée depuis cet automne par un nouveau Premier ministre, Phan Van Hai (63 ans), et un nouveau président, Tran Duc Long (60 ans). L'âge moyen du Politburo a chuté lui aussi depuis le dernier congrès (1996). Mais alors que la presse officielle parle d'une «nouvelle ère politique», l'homme le plus puissant du pays demeure toutefois le secrétaire général du parti, Dô Muoi (80 ans). Un homme pour qui la priorité est la «stabilité» et la lutte co

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