Hanoi, envoyé spécial.
Le 7e Sommet de la francophonie s'ouvre ce matin. 49 Etats et gouvernements y sont représentés, mais toujours pas l'Algérie qui refuse avec obstination de participer à une organisation qu'elle juge teintée de néocolonialisme. Deux autres pays devraient en revanche rejoindre le club de ceux «ayant le français en partage»: l'Albanie et la Pologne. Le sommet, qui se déroule dans un pays communiste qui ne comprend que 70 000 ou 80 000 francophones, devrait être consacré à la réforme de la Francophonie pour que ce bloc informel se structure en ce que Jacques Chirac appelle «une entreprise résolument politique». L'idée-force de cette restructuration passe par la création d'un secrétariat général que le Président a choisi de confier, malgré les réticences de ses pairs africains, à l'ancien secrétaire général des Nations unies, Boutros Boutros-Ghali. Jacques Chirac a 48 heures pour calmer la grogne de nombreux membres du club qui récusent ces méthodes peu démocratiques ou qui craignent que le mouvement ne soit utilisé politiquement par la France. Les Vietnamiens assistent à ces querelles mouchetées avec regret, car ils avaient espéré que la réunion de Hanoi serait surtout destinée à donner un prolongement économique et non pas politique à la Francophonie. En témoignent ces banderoles qui ornent les rues de Hanoi que bien peu de passants sont capables de déchiffrer et qui promettent, grâce à la Francophonie, «un pays plus prospère et une société plus avancée».




