Menu
Libération
Analyse

Quand la francophonie rime avec cacophonie. Boutros Boutros-Ghali, appelé à en devenir le secrétaire général, ne fait pas l'unanimité.

Réservé aux abonnés

Publié le 14/11/1997 à 12h05

Hanoi, envoyé spécial.

Que faire de la Francophonie? Près de trente ans, après sa naissance ­ l'idée en revient au Sénégalais Senghor, au Tunisien Bourguiba et au Nigérien Diori ­, les Etats «ayant le français en partage» peinent toujours à élaborer une réponse. L'aventure francophone ­que de Gaulle freina de toutes ses forces tant qu'il fut au pouvoir pour ne pas voir l'influence française diluée dans un ensemble où le Canada se serait fait à ses yeux cheval de Troie des Etats-Unis ­ n'est pas évidente. Son évolution chaotique en témoigne. Formée d'abord autour des anciennes colonies françaises et belges, la Francophonie a été vite agitée par une rivalité franco-canadienne non seulement à propos du Québec mais aussi de l'Afrique. Elle a ensuite dû prendre en compte la dimension démocratique, une revendication qui n'a fait que s'amplifier avec l'effondrement de l'URSS, tout en s'opposant en ordre dispersé à l'hégémonisme américain (on parle ici de «refus de l'uniformisme» auquel elle opposa dès 1993 «l'exception culturelle», c'est-à-dire l'exclusion des biens culturels de la libéralisation des échanges.

Plus grave sans doute: les tatônnements de la Francophonie ne lui ont jamais permis de se doter d'institutions vraiment efficaces. C'est ainsi que l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), créée en 1970, est la seule organisation intergouvernementale existante juridiquement. Mais son action a souvent été mal vécue par la France, principal bailleur de fonds, qui a

Dans la même rubrique