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Libération

La France suit à reculons.

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Publié le 15/11/1997 à 12h09

Hanoi envoyé spécial

Si elle regrette la tournure prise par les événements, la France ne s'opposera pas à un recours à la force contre l'Irak. Un tel recours, d'ailleurs, n'exige pas de nouvelles résolutions du Conseil de sécurité puisqu'il est prévu par plusieurs textes antérieurs à la crise actuelle. Ainsi pouvait se résumer hier soir la position française exposée par l'entourage de Jacques Chirac. Lui-même avait exprimé peu avant dans une interview à plusieurs radios, son «regret», face à «l'obstination des dirigeants irakiens. C'est une erreur». Son entourage sous couvert d'anonymat est plus disert. «Certes, reconnaissent nos interlocuteurs, Saddam Hussein est un dictateur doublé d'un menteur qui n'a rien à faire des souffrances de son peuple. Mais les Etats-Unis sont tombés dans son piège dans l'affaire de la commission de vérification des Nations Unies. Maintenant Washington va frapper l'Irak. Et après? On va avoir quelques bombardements, mais on aura surtout après un Saddam Hussein débarrassé de la Commission de contrôle de l'ONU chargée de la destruction des armes nucléaires, chimiques et bactériologiques. Est-ce un progrès? Comme nous l'avons dit aux Américains, on est parti pour un système d'embargo à l'égard de l'Irak qui va durer vingt ou trente ans, du genre de celui imposé à Cuba. Le problème c'est que Cuba produit du sucre alors que l'Irak produit des armes bactériologiques.» Pouvait-on éviter d'en arriver là, du moment que les Etats-Unis et la France, à la

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