Pékin, de notre correspondante.
Le plus célèbre prisonnier politique chinois, Wei Jingsheng, a été exilé hier vers les Etats-Unis, après avoir été libéré de prison le matin, «pour raison médicale». Depuis l'été, des rumeurs circulaient dans les milieux diplomatiques, laissant entendre que des négociations étaient en cours entre Pékin et Washington. Dans la perspective de la visite officielle du président chinois aux Etats-Unis (qui a eu lieu fin octobre), l'administration américaine voulait obtenir la libération des deux principaux dissidents connus du public occidental: Wei Jingsheng, 48 ans, père du mouvement démocratique et Wang Dan, 28 ans, ancien leader étudiant de Tien Anmen. Début septembre, le ministre de la justice, Xiao Yang, avait laissé la porte entrouverte, soulignant que des libérations anticipées pouvaient avoir lieu en cas de mauvaise santé des prisonniers. Mais il avait également fait comprendre qu'un seul des deux opposants serait relâché, probablement Wei Jingsheng.
Pour ne pas perdre la «face», explique un journaliste chinois, la libération du prisonnier politique ne pouvait pas coïncider jour pour jour avec le voyage officiel du Président Jiang Zemin. Pour les mêmes raisons, la décision de libérer Wei Jingsheng a été officiellement prise par le ministre de la Justice. Ce dernier s'est rendu à Washington vendredi pour mettre un point final à l'accord entre les deux gouvernements sur le sort du dissident. La raison médicale, invoquée pour justifier la l




