Laurent-Désiré Kabila négocie sa sortie de la Francophonie. Celle-ci
ayant été annoncée par un communiqué lu à la télévision samedi, en plein sommet francophone à Hanoi, puis confirmée par le porte-parole de son gouvernement, le président du Congo-Kinshasa a créé la surprise en annonçant, mercredi, que son pays n'avait «jusqu'à maintenant» pas encore quitté le club des Etats ayant le français en commun. D'autant que Laurent-Désiré Kabila, en invoquant la prochaine réunion des «amis du Congo», les 3 et 4 décembre à Bruxelles, a demandé à la France de ne pas «saboter» cette table ronde des bailleurs de fonds. Enfin, aux «vrais amis» de son pays, parmi lesquels il «espère» pouvoir ranger Paris, il a recommandé de «ne plus nous demander d'abdiquer une partie de notre souveraineté nationale». Bref, l'Etat francophone le plus peuplé d'Afrique, avec quarante millions d'habitants, ne veut pas qu'on conditionne l'aide au respect des droits de l'homme et, en particulier, à l'enquête sur le massacre des réfugiés hutus que tente de mener une mission de l'ONU" Les enquêteurs des Nations unies, arrivés à Kinshasa le 24 août, puis rappelés «pour consultation» en raison de l'obstruction des autorités, sont de retour depuis dix jours. Mardi, ils ont eu un premier contact officiel avec le ministre des Affaires étrangères, mais il leur reste à négocier leur sécurité et la mise en place de leur logistique à Goma et à Mbandaka, les deux villes respectivement dans l'est et dans le nord-ouest o




