Luxembourg envoyés spéciaux
La Turquie a la fâcheuse tendance d'attirer les veto en tout genre. Ainsi, l'Allemagne vient à peine d'accepter, après cinq mois d'hésitation, qu'Ankara participe à la Conférence européenne censée accueillir tous les pays candidats à l'adhésion (soit dix pays de l'Est, plus Chypre, plus la Turquie), que la Grèce menace à son tour de bloquer la participation des Turcs... Autant dire que la question va encore occuper une bonne partie de l'agenda européen de ces prochaines semaines. Déjà, le dîner d'ouverture des chefs d'Etat et de gouvernement, réunis pour un sommet «emploi» à Luxembourg (lire en pages Evénement), n'a quasiment porté que sur ce problème. Au point que Jacques Chirac, quelque peu agacé, a publiquement espéré que le Conseil européen de Luxembourg de décembre, qui doit fixer la liste des pays avec lesquels l'Union ouvrira des négociations d'adhésion, «ne sera pas le sommet de la Turquie». Ce qui paraît mal parti.
Après «bien des hésitations», selon les mots d'un diplomate français, le chancelier Helmut Kohl s'est donc, jeudi soir, rangé aux arguments français. Pour Paris, en effet, il est essentiel de permettre à Ankara, candidate à l'adhésion, de siéger au sein de la future Conférence afin de ne pas déstabiliser les secteurs proeuropéens et démocratiques de l'appareil d'Etat turc. De fait, l'exclure d'une telle structure aurait été inévitablement perçu comme un refus définitif de la candidature turque à l'Union. «On peut leur dire non,




