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Interview

Réfugié aux Etats-Unis, le dissident veut y poursuivre son combat pour la démocratie. «je n'ai jamais voulu quitter la chine» Wei Jingsheng raconte ses années de lutte et sa longue détention.

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Publié le 26/11/1997 à 12h48

New York, envoyé spécial.

Wei Jingsheng, le père du mouvement démocratique chinois, a eu le triste privilège de passer ses dernières années de prison dans une cellule spécialement construite pour lui. Une cellule-bocal éclairée 24 heures sur 24, dont deux des murs étaient en verre, afin qu'il n'échappe pas à la vigilance de ses gardes. Hormis le fait d'avoir perdu presque toutes ses dents et de souffrir d'hypertension et d'une maladie cardiaque, dix-huit ans de camp et de prison n'ont pas altéré sa personnalité. Arrivé la semaine dernière aux Etats-Unis, il reçoit ses visiteurs dans un petit hôtel de New York avec un grand sourire découvrant de fausses dents mal en point.

Si Wei, qui avait toujours refusé de quitter son pays, a finalement accepté de partir, c'est, dit-il, parce qu'il n'avait pas d'autre choix que l'exil ou la mort en prison. L'auteur du fameux dazibao intitulé la Cinquième Modernisation: la démocratie, placardé sur le mur de la Démocratie (1978-1979,), avait été condamné à quinze ans de prison. Libéré en 1993, six mois avant la fin de sa peine, au moment où Pékin se portait candidat pour accueillir les JO de l'an 2000, il «disparaît» en avril 1994. Il passera dix-huit mois sous bonne garde dans un «hôtel» avant d'être formellement «arrêté», en novembre 1995, et condamné à quatorze ans de prison pour avoir «tenté de renverser le gouvernement».

On vous a appelé «le prisonnier de Deng Xiaoping», le patriarche décédé en février, car celui-ci avait fait de votre

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