«Ils ont recommencé à me torturer, cette fois au moyen d'une
matraque électrique; ils me l'ont appliquée sur la nuque et les organes génitaux. La douleur a été si vive qu'il m'est encore difficile à l'heure où je vous parle, de tenir ma tête droite"» Ce témoignage recueilli par Amnesty international et publié dans un rapport intitulé les Nouvelles Technologies au service des tortionnaires, dit clairement à quoi sert le matériel de sécurité quand il est exporté sans plus de contrôle qu'un lot de magnétoscopes vers des pays qui font régner l'ordre par la terreur. Le témoin d'Amnesty a été torturé au Zaïre, du temps de Mobutu. Les matraques électriques sont exposées au Salon Milipol qui se tient à Paris (lire ci-dessous).
L'Afrique et le Moyen-Orient sont des marchés en pleine expansion pour ces armes qui n'entrent dans aucune des catégories de la législation française sur les matériels de guerre dont l'exportation est réglementée. «Il y a un vide juridique dont les législateurs devraient tenir compte. D'autant qu'avec le développement des conflits intra-étatiques, ce type d'armes est de plus en plus utilisé», dit Bruno Barrillot, directeur du Centre de documentation et de recherche sur la paix et les conflits. Véhicules blindés, gaz incapacitants ou armes à balles de caoutchouc qui ont tué en Irlande du Nord ou en Israël équipent aussi bien les polices nationales que les sociétés de sécurité privées et les milices qui les doublent et, parfois, les combattent.
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