Au bout de quinze jours d'attente et après que l'ONU eut menacé de
retirer à nouveau ses enquêteurs, le gouvernement de Kinshasa a accordé hier ce qui ressemble à un feu vert à la mission d'enquête des Nations unies sur les massacres dans l'ex-Zaïre. Recevant pour la première fois son représentant, le juriste togolais Atsu Koffi Amega, le ministre de la Reconstruction congolais, Etienne Richard Mbaya, lui a déclaré: «Rien ne vous empêche de démarrer votre mission, cette fois là où vous voulez.» La mission, qui attend ce moment depuis son retour à Kinshasa le 11 novembre, s'est prudemment abstenue de tout commentaire sur cet engagement.
Depuis que le 8 avril, le rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l'homme au Zaïre, Roberto Garreton, a fait état de massacres, principalement de Rwandais hutus, qu'il attribue aux troupes de l'AFDL (mais encore), le régime du président Laurent-Désiré Kabila a tout fait pour retarder l'enquête de l'ONU. La conférence à Bruxelles début décembre des bailleurs de fonds de la RD-Congo, dont certains conditionnent leur aide au bon déroulement de l'enquête et la visite, le 12 décembre, du secrétaire d'Etat américain, Madeleine Albright, à Kinshasa ont peut-être incité le gouvernement congolais à se montrer plus coopératif.
On ne peut pas non plus se battre sur tous les fronts. Lundi, Laurent Kabila a tenté de diviser l'opposition en nommant par décret deux responsables de l'UDPS d'Etienne Tshisekedi dans son gouvernement. L'un d'entre eux, Frédér




