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Libération

Double rapt signé des Extradables à Bogota. Le rétablissement de l'extradition fait craindre un retour du narcoterrorisme.

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Publié le 08/12/1997 à 15h20

Miami, de notre correspondant.

Après une année marquée par une criminalité et une violence politique record, Bogota a décidé de rétablir l'extradition des trafiquants de drogue vers les Etats-Unis pour qu'ils y soient jugés. Cette mesure, votée par le Congrès sous la pression américaine, fait craindre aux Colombiens la réapparition du cauchemar des «Extradables», ces narcoterroristes des années 80. Jeudi dernier, un groupe se présentant sous cette appellation a revendiqué le rapt du secrétaire particulier du président Samper, un ancien journaliste de télévision très connu dans le pays, William Parra, et d'un reporter de radio. Les deux hommes ont été enlevés peu après avoir quitté ensemble le palais présidentiel à Bogota, sur le parking de l'édifice, en plein centre-ville. Dans une allocution télévisée au ton très ferme, Ernesto Samper a exigé leur libération immédiate. Il a ajouté que «l'enlèvement n'est pas la meilleure façon d'exprimer la moindre pétition». Samedi, les «Extradables» lui ont répondu, par un appel téléphonique à une chaîne de télévision, que les deux otages seraient rapidement relâchés avec un message d'avertissement au gouvernement. Ils ont également diffusé un manifeste dans lequel ils reprennent la rhétorique de Pablo Escobar pour qui «un cercueil au pays [était] préférable à une cellule aux Etats-Unis». Les «Extradables» étaient le nom de la milice privée du chef du cartel de Medellin. Voitures piégées, assassinats, massacres, enlèvements, exécutions d'

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