Rabat, envoyés spéciaux.
Hassan II s'est fait un nouvel ami. «Surpris» de se voir décoré de la plus haute distinction du Maroc, le grand ordre du Ouissam Alaouite, Lionel Jospin dit avoir partagé «un moment privilégié» avec Hassan II, qui lui aurait parlé «avec confiance et sincérité» de la mondialisation, du Proche Orient, du Maghreb et de l'Europe mais, aussi, des flux migratoires entre son pays et la France, d'importants contrats commerciaux et de politique intérieure marocaine. Le souverain se serait même ouvert de ses difficultés à trouver, suite à la récente élection législative, une nouvelle majorité au Parlement... Alors que l'un des deux grands partis de l'opposition, l'Istiqlal, vient de dénoncer ce scrutin comme «falsification de la volonté populaire» et d'en demander l'annulation, Lionel Jospin, se félicitant d'une «grande année électorale» au Maroc, a décelé un «mouvement qui vise à l'alternance». Se défendant de toute ingérence, il a rencontré cinq chefs de partis marocains, dont Abderrahmane Youssoufi, de l'Union socialiste des forces populaires (USFP). Après trente-deux ans dans l'opposition, le leader du «parti frère» souhaite entrer au gouvernement malgré la fraude électorale.
Au cours de cette visite de deux jours, il n'a pas été question de droits de l'homme. Ni du cas d'Abraham Serfaty, prisonnier politique pendant dix-sept ans avant d'être expulsé vers la France, en 1991, comme «Brésilien», ni de la «cinquantaine de prisonniers politiques qui n'ont pas ét




