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Libération

La fin de la croissance, un défi inattendu. L'économie est mise à mal par la crise asiatique.

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Publié le 19/12/1997 à 14h08

Séoul, envoyée spéciale.

En 1960, le produit intérieur brut (PIB) de la Corée du Sud était égal à celui du Soudan. En 1978, il était inférieur à celui de la Corée du Nord, son voisin communiste, dont une partie de la population souffre de malnutrition. L'an dernier, la Corée du Sud a fait son entrée à l'OCDE (1), le club des pays riches. Entretemps, elle était devenue la onzième économie de la planète et un concurrent de premier ordre pour les grandes économies développées. Et puis, d'un seul coup, le «dragon» coréen a cessé de cracher des flammes. Pis, il est à l'agonie. Pris dans la tourmente de la crise asiatique, le pays chancelle comme une économie émergente. Les banques internationales s'affolent, on parle de «défaut de paiement de l'Etat». Comme une PME, la banque centrale se trouve à deux doigts de la cessation de paiement. Le 3 décembre, humiliation suprême, le Fonds monétaire international (FMI), médecin des économies en détresse, prescrivait d'urgence le plus grand plan jamais organisé pour sauver un pays de la faillite: 57 milliards de dollars (2) conditionnés à la mise en oeuvre de réformes fondamentales de l'économie.

Croissance minimale. C'est donc un pays entré en pénitence dont va hériter le prochain président. Après le boom de 1994-1995 (8 à 9% de croissance), puis le «ralentissement» de 1996-1997 (6 à 7%), la machine économique coréenne va connaître un sérieux coup de frein. Le FMI prévoit 2,5% de croissance en 1998, les économistes privés coréens du Korea

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