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Fausses devises et vraie arnaque entre Pékin et Tianjin. Dans le bus, un gang de trafiquants propose des billets étrangers contre de la monnaie chinoise.

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Publié le 25/12/1997 à 14h29

Tianjin envoyée spéciale

Direction Tianjin, sept heures du matin. Le bus qui part de la vieille gare de Pékin entasse les derniers passagers dans l'allée centrale sur des tabourets. L'engin s'ébranle lourdement et, d'un seul geste, tous les hommes allument une cigarette pour lutter contre le froid. Un enfant assis seul au milieu du bus attire bientôt l'attention des passagers. «Il doit avoir fait une fugue», entend-on murmurer. «On devrait faire un rapport à la police», remarque un autre passager.

Bientôt, le gamin, dont on n'entend que la voix ­ il est avalé par son siège ­ se plaint de ne posséder que des devises étrangères et propose de les changer en renminbi pour survivre. Aussitôt se met en branle un véritable manège, réglé comme du papier à musique. Le petit garçon est l'appât utilisé par un gang pour endormir la méfiance des passagers et attiser leur compassion. Les membres du gang, parlant très fort pour se faire entendre de tout le bus, se mettent à titiller la fibre affairiste des passagers, pour la plupart ouvriers, militaires ou petits commerçants établis à leur compte, pour lesquels la perspective de faire un petit profit inattendu est une bonne surprise.

Une voix à gauche clame: «Avec des devises étrangères, on peut acheter toutes sortes de choses, des frigos, des télévisions», (ce n'est plus vrai, mais personne ne relève, cette époque est révolue depuis plusieurs années). Une autre voix renchérit. «J'ai entendu dire que le renminbi va perdre de la valeur. Le seu

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