Pékin, de notre correspondante.
Chaque jour ouvrable, 200 à 300 Chinois attendent devant la grille du consulat américain à Pékin. Au printemps, à l'approche des nouveaux cycles universitaires, la file d'attente bloque l'ensemble du pâté de maisons. Certains reviennent régulièrement, leur visa ayant été refusé, et finissent par connaître les autres habitués. On s'interroge sur la progression des dossiers. «Nous sommes déterminés à revenir en Chine après cette expérience», explique Li, 25 ans, qui veut rejoindre son mari parti étudier aux Etats-Unis. Ses arguments ne convainquent guère les responsables de l'immigration américaine. «Une fois la famille réunie, les enfants implantés, le retour devient presque impossible, vous comprenez, ils sont séduits par le mode de vie», explique un diplomate américain. Les statistiques sont parlantes. L'institut d'anthropologie de Pékin a envoyé une quarantaine de chercheurs étudier aux Etats-Unis depuis le début des années 80. Deux seulement sont revenus en Chine!" Facilités matérielles. Des millions de Chinois vivent quotidiennement leur rêve américain. Les Etats-Unis sont avant tout, dans l'imaginaire collectif, l'incarnation d'un idéal, d'un mode de vie actif et moderne. Et d'une grande facilité matérielle. De nombreux tabous sont tombés depuis l'ouverture, voilà juste dix ans, du premier Kentucky Fried Chicken à Pékin. Les premiers jours, les curieux étaient entrés dans le bâtiment rutilant, mais peu avaient consommé. Ce n'était pas un




