Hong-kong envoyée spéciale
Raflant 65% des sièges soumis au suffrage direct aux élections du Conseil législatif de septembre 1995, le parti démocratique est la formation la plus populaire du territoire; mais c'est aussi la plus gênante pour Pékin. La rétrocession de l'ex-colonie britannique à la Chine, le 1er juillet dernier, a considérablement porté atteinte à la représentativité de ces avocats inlassables de la démocratie. Aujourd'hui, ils se retrouvent en voie de marginalisation d'un système politique remodelé pour les neutraliser.
Premier acte. Trente-six députés ont été choisis au début du mois pour représenter Hong-kong sur les bancs de l'Assemblée nationale populaire (ANP) à Pékin. Parmi eux ne figure aucun membre du Parti démocratique. Crédités encore récemment de quelque 60% d'opinions favorables dans les sondages, les démocrates ont été exclus de la course dès la première étape du long processus de sélection des députés qui ne sont pas élus au suffrage universel mais par un collège électoral de 424 membres (dont la plupart sont aussi membres d'un collège formé par le Comité préparatoire, désigné par Pékin).
Demi-surprise. Les trois candidats démocrates n'ont même pas obtenu les 10 signatures de soutien nécessaires pour prendre part à l'étape finale. Une demi-surprise pour les intéressés: «Nous n'avions aucune illusion mais nous sommes un peu surpris de ne pas avoir obtenu 10 signatures sur plus de 400 membres», explique Anthony Cheung. «Ils ont eu peur que Pékin n




