Menu
Libération

Au chiapas, massacrer pour mieux regner. Le pouvoir en profite pour reprendre le terrain aux zapatistes.

Réservé aux abonnés

Publié le 31/12/1997 à 14h45

Acteal envoyé spécial

A l'entrée campent une cinquantaine de soldats sur le qui-vive. Pour le reste, le village accroché à flanc de montagne, en pleine jungle, est entièrement désert. Sur le tableau noir de la petite école d'Acteal sont restés inscrits à la craie quelques mots sans lendemain: «Faites l'exercice en respectant les consignes et surtout appliquez-vous.» Le bâtiment est l'un des rares qui n'ait pas été mis à sac durant le massacre du 22 décembre, dans lequel périrent 45 habitants, femmes et enfants pour la plupart. Les huttes de bois au toit de chaume et la petite chapelle catholique au sol en terre battue ont été pillées et dévastées. Miraculeusement sont demeurées debout deux petites effigies en bois de saint Joseph et de la Vierge de Guadalupe, vêtues de ponchos indiens. Le village peuplé uniquement de Tzotziles, l'une des ethnies du Chiapas, est un hameau éparpillé dans lequel on circule sur des sentes boueuses où errent poules et dindons. On a tenté sans y parvenir d'incendier certaines habitations. Mais nulle trace de balles: les habitants ont été tués alors qu'ils s'enfuyaient dans la jungle, presque tous d'une balle dans le dos. Ils ont été inhumés voilà quelques jours dans une fosse commune surplombant la vallée.

Habitués aux exactions. Ornelio s'est enfui de justesse. On le retrouve à 3 km de là, à Polho, dans un camp où se sont réfugiés quelque 450 habitants d'Acteal, et plusieurs milliers d'autres Indiens qui continuent d'affluer des villages aux alento

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique