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Libération

Credo démocrate pour Daniel Arap Moï

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Réélu, le président kenyan promet de respecter le multipartisme.

ParMarie-Laure COLSON
Nairobi, envoyée spéciale.
Publié le 06/01/1998 à 17h47

«Je ne suis plus le Moï que vous avez connu.» Le président de la République kenyane vient de jurer sur la Bible qu'il consacrera son troisième mandat à mettre fin à la corruption, à améliorer les infrastructures et à lutter contre la pauvreté et le chômage. Il est passé de l'anglais au swahili, et ses partisans approuvent en applaudissant le nouveau chapitre que promet d'écrire un homme de 73 ans qui monopolise le pouvoir depuis près de vingt ans.

C'est au rythme d'une valse lente, jouée par une fanfare de grenadiers chapeautés de fourrure de singe, qu'a débuté hier matin la cérémonie d'investiture du président Daniel Arap Moï à Nairobi. Vainqueur avec plus de 40% des suffrages, contre 37% en 1992, d'une élection que lui disputait 14 candidats, il a une fois de plus démontré son habileté face à une opposition divisée et dépourvue de moyens. Mais son principal rival, Mwai Kibaki, du Parti démocrate, le talonne avec 31% des voix. Et la Kanu, le parti du Président, ne dispose que d'une faible majorité au Parlement. Malgré les fraudes et la désorganisation, le scrutin modifie la donne politique du pays. Le Kenya d'aujourd'hui n'est plus celui que Moï a connu en 1978. Le Président le sait, qui a insisté dans son discours sur son attachement à la démocratie.

En 1991, il n'avait accepté le multipartisme que sous la pression de la rue et de la communauté internationale. Il refuse en revanche de partager le pouvoir. Hier, les deux principaux rivaux du président Moï campaient toujours s

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