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Libération

Algerie. Les bilans des tueries s'alourdissent sans cesse.«Ils ont fait de notre village un cimetière»

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Publié le 14/01/1998 à 16h01

Cent vingt morts, 250 ou plus de 400? Une fois de plus, le bilan

d'un massacre ­ celui de Sidi Hammed, ce village proche d'Alger attaqué dimanche ­ a été revu, hier, à la hausse. Une Algérie, en état de choc, s'est réveillée avec une nouvelle polémique sur les bilans et les images insoutenables s'étalant à la une de tous les quotidiens. Un «enfer» qui aurait duré deux heures, d'une «barbarie impossible à décrire». Mieux que toute autre, la photo du cadavre calciné d'un enfant au crâne à nu dit l'insoutenable. Les assaillants de Sidi Hammed sont décrits comme «vêtus à l'afghane» ou portant des vestes de treillis comme les milices. Ils auraient été, rapporte un témoin cité par l'AFP, «nombreux, comme des sauterelles, certains portant des "cachabias (longue robe à capuche), d'autres en treillis.»

Combien ont-ils fait de victimes? Plus de 400, affirment Liberté et El Watan. «256», estime La Tribune. «Faux», répondent les autorités qui s'en tiennent à 103 morts et 70 blessés. Presque dérisoire, cette polémique sur les chiffres ne restitue de toute façon pas la détresse des habitants de Sidi Hammed qui, faute d'un cimetière assez grand, continuaient, hier, à enterrer leurs morts sur une des placettes du hameau, arrachant cette phrase à une vieille femme: «Ils ont fait de notre village un cimetière».

Mais cette polémique pose aussi deux questions: 1. Pourquoi les quotidiens privés, soumis à une censure très stricte, ont-ils actuellement une marge de manoeuvre plus importante?

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