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Libération

L'explosion sociale menace au Zimbabwe. Emeutes et pillages à la suite de l'augmentation des denrées de base.

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Publié le 21/01/1998 à 16h38

L'annonce d'une hausse des produits de première nécessité, dont la

farine de maïs, base de l'alimentation, a provoqué deux jours d'émeutes et de pillages dans les banlieues populaires de Harare. Un enfant est mort, piétiné, et plusieurs personnes ont été blessées. Hier, pour la première fois depuis l'indépendance en 1980, le gouvernement a décidé d'utiliser l'armée contre les manifestants. Les soldats «seront autorisés à utiliser des balles réelles et n'hésiteront pas à tirer», a averti le ministre de l'Intérieur.

Depuis la guerre d'indépendance (1972-1979), les promesses faites par le président Robert Mugabe à la majorité noire sont restées lettre morte. Les Zimbabwéens ont certes le pouvoir politique, mais l'ordre foncier reste sensiblement le même que sous le pouvoir colonial rhodésien. 4 000 grands propriétaires, blancs pour la plupart, possèdent environ la moitié des terres «commerciales». Et les anciens combattants attendent toujours leurs pensions. Comme à chaque fois que les tensions montent dans ce pays, où 45% de la population est au chômage, Mugabe relance les mêmes promesses, non sans maladresse. L'annonce, en novembre, de la confiscation des terres de 1 400 propriétaires a fait chuter les cours de la Bourse et la monnaie. Pour trouver de l'argent destiné à payer une prime et une pension à vie aux quelque 50 000 anciens combattants, le gouvernement a dans la foulée annoncé une augmentation des taxes et des services publics. Début décembre, une grève générale l'obl

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