Djakarta envoyé spécial
Dans une Indonésie en proie à une crise majeure économique, sociale, politique , Megawati Soekarnoputri, figure de proue de l'opposition, est en train de devenir le personnage le plus populaire du pays. Son visage de ménagère sage occupe les unes de la plupart des magazines que les légions de petits vendeurs de journaux colportent dans les rues de Djakarta. Son aura n'a cessé de grandir depuis l'été 1996, lorsqu'elle a été évincée, par une manoeuvre du pouvoir, de la présidence du Parti démocratique indonésien (PDI) l'une des trois formations politiques légales. Le gouvernement de l'«Ordre nouveau» du président Suharto avait alors choisi de prendre les devants, de crainte que «Mega» ne présente sa candidature au scrutin présidentiel du 10 mars prochain. Les manifestations antigouvernementales qui ont suivit l'éviction par la force des partisans de «Mega», qui occupaient en signe de protestation les locaux du PDI à Djakarta, se sont soldées en juillet 1996 par au moins 5 morts, 149 blessés et des dizaines d'immeubles incendiés dans une capitale où l'armée avait ordre de tirer à vue.
Megawati a hérité des talents de tribun et de l'extraordinaire popularité qu'a laissée derrière lui son père, Sokarno, le père de l'indépendance, mort en 1970. Le flamboyant Sokarno, adoré des foules, dont le bilan politique et économique était néanmoins proche du désastre, a été renversé en 1965 par un coup d'Etat (dont les circonstances demeurent obscures), à la suite




