Alger, envoyée spéciale.
Sur le bureau, une plante grasse cale un unique dossier, et le fonctionnaire a préparé son sourire technique le plus rassurant. «La délégation européenne? Nous l'attendons. C'est le genre de manifestations auquel nous sommes habitués.Bien sûr, toute la presse internationale sera présente et les représentants repartiront avec tout ce qu'ils doivent savoir sur l'Algérie. Le pays est ouvert, tout le monde peut travailler.» Évidemment, l'arrivée de neuf eurodéputés prévue dimanche provoque depuis dix jours une agitation considérable dans les sphères du pouvoir, qui vit toujours ce type d'initiatives comme une tentative d'ingérence. Une campagne antieuropéenne sans précédent monopolise les colonnes de la presse publique et de certains titres privés, qui, à grand renfort de cartes, dessinent une Europe où chaque capitale figure en «sanctuaire du GIA» ou en «plaque tournante de l'islamisme». Le flou total qui entoure encore un calendrier officiel courant sur cinq jours permet les rumeurs les plus folles. Généralement, c'est le député vert Daniel Cohn-Bendit, personnalité la plus médiatique du groupe, qui en est le grand bénéficiaire: certains journaux n'hésitent pas à assurer que son agenda prévoit «un rendez-vous avec le GIA».
Partis d'opposition. Le passage de la troïka européenne, le 20 janvier à Alger, a laissé, il faut dire, un goût amer. «Rien, on n'en a rien tiré, que des camouflets», résume un proche du pouvoir. Malgré les réticences officielles, les




