Alger, envoyée spéciale.
Cette fois, autant que les paroles, c'est la gestuelle qui compte. Venus à Alger pour une visite de cinq jours, les neuf parlementaires européens n'en finissent pas de bouleverser les usages d'une capitale habituée aux protocoles les plus vissés. Chaque jour, ça crie, ça s'empoigne, ça menace de planter escorte, protocole et rendez-vous officiels si l'autorisation n'est pas donnée d'aller prendre le petit déjeuner dans un hôtel, de se promener dans un quartier populaire de la ville. Evidemment, l'impératif d'une tasse de café peut paraître dérisoire dans un pays bouleversé par la violence depuis plus de six ans. Mais, à Alger, où chaque mouvement se négocie comme une affaire d'Etat, où le choix du lieu de résidence a failli faire capoter la visite, où le problème d'«atteinte à la souveraineté nationale» commence à se poser à partir de cinq minutes de temps de parole en plus ou en moins, l'agitation des eurodéputés a quelque chose de novateur.
Dans le hall du Parlement algérien, dont les élus sont officiellement les hôtes des Européens, chacun cherche son chat depuis deux jours. Qui va dire quoi? Qu'est ce qui a changé au programme? Dès dimanche soir, le député Vert Daniel Cohn-Bendit prend de revers certains députés algériens. Depuis quelques jours en effet, une vaste campagne dans certains médias publics et privés campait une Europe en plaque tournante du terrorisme islamisme. «Nous nous engageons à demander une enquête», tonne Cohn-Bendit. «A conditi




