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Libération

Alger: L'ombre du FIS sur la visite des européens. Une lettre des islamistes sème le trouble dans un show bien huilé.

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Publié le 12/02/1998 à 20h05

Alger, envoyée spéciale.

Il faut imaginer la scène, dans une des pièces tout en luxe, moquette et caméras de la résidence officielle El Mithak. Depuis trois jours, la délégation des neuf députés européens en visite d'«écoute» reçoit les intervenants de la vie politique et sociale locale. De quoi parle-t-on en Algérie? De massacres, de tortures, d'un drame qui dure depuis six ans. Mardi soir, vers 19 heures, c'est au tour de l'avocat Ali Yahia Abdenour, militant historique des droits de l'homme et fondateur d'une ligue indépendante dans ce domaine. Il évoque le «drame du peuple, otage et enjeu». En sortant, le vieux monsieur glisse dans une conversation: «J'ai transmis aux parlementaires une lettre de la direction du FIS» .

Et, là, c'est la panique. Les parlementaires convoquent deux témoins pour que la lettre soit détruite en leur présence, «sans avoir été ouverte». «Nous nous étions engagés à n'avoir aucun contact avec ce parti dissous pendant notre visite», déclare solennellement le président de la délégation, André Soulier. Tout autour, on se demande si la lettre a été seulement «déchirée». Ou «brûlée»? Rapporteur de la délégation, Daniel Cohn-Bendit parle d'«enfantillage», tandis que, chez lui, Ali Yahia Abdenour s'étonne de «tout ce tralala». Un militant de Hamas (islamiste modéré) hausse les épaules et évoque un «théâtre de boulevard»: «Si les Européens ne voulaient pas de cette lettre, ils n'avaient qu'à la rendre à son facteur et c'est tout.» «Nous ne sommes pas très

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