Les signes d'instabilité continuent de se multiplier en Indonésie.
Tout d'abord du côté de la monnaie, dont les fluctuations sont le symptôme d'un manque de confiance général dans la capacité du gouvernement à renflouer une économie naufragée. La devise indonésienne a connu hier une forte baisse, s'échangeant à 12 000 roupies pour un dollar. La rechute est attribuée à la déclaration du président indonésien Suharto, la veille, qualifiant de «non conformes à la Constitution» les réformes économiques demandées par la communauté internationale.
Alors que le chômage s'accroît jour après jour, l'agitation couve aussi du côté de la rue. Des milliers d'étudiants ont continué de manifester hier, à Bandung et à Yogyakarta, contre la réélection du président Suharto, prévue aujourd'hui.
Au pouvoir depuis trente-deux ans, le général-président brigue un septième mandat de cinq ans, que doit avaliser aujourd'hui l'Assemblée consultative du peuple. Cette assemblée docile est composée de 500 membres nommés par le pouvoir en place, de 75 représentants des forces armées, à qui la Constitution garantit un rôle politique, et de 475 députés élus. Ces derniers ne peuvent provenir que des trois partis politiques autorisés: le Golkar, la formation au pouvoir, et deux groupes politiques créés par le gouvernement en 1973: le Parti du développement uni (PPP), regroupant des musulmans, et le Parti démocratique indonésien (PDI). Ces trois formations sont étroitement contrôlées par le pouvoir.
Les autorités t




