Le candidat était unique, le rite immuable et la formalité
expéditive. Le millier de membres de l'Assemblée consultative s'est levé, puis a applaudi en entonnant: «Nous sommes d'accord, nous sommes d'accord.» D'accord pour que le général Suharto, âgé de 76 ans, soit reconduit dans les fonctions de président, sans vote donc, mais par simple acclamation. Au pouvoir depuis trente-deux ans, Suharto, qui entame aujourd'hui son septième mandat, fait plus que jamais figure (avec Fidel Castro) de doyen des chefs d'Etat. Une liturgie non moins attendue doit sanctionner, aujourd'hui, la nomination du vice-président une fonction qui équivaut à une onction successorale étant donné le grand âge et la santé précaire de Suharto. Sans surprise là encore, l'Assemblée devrait désigner Yusuf Habibie, un ami de trente ans de la famille Suharto. Ancien ministre de la Recherche et de la Technologie du gouvernement sortant, Habibie n'a pas non plus de concurrents déclarés, l'opposition n'ayant pas son mot à dire dans la structure actuelle du pouvoir.
A peine réinstallé dans son fauteuil, Suharto va se retrouver aux prises avec l'énormité d'une crise économique aggravée par les dettes extravagantes du secteur privé. Les mauvaises nouvelles n'ont cessé de tomber hier. La Banque mondiale et la Banque asiatique de développement (BAD) ont annoncé la suspension de leurs prêts. La Banque mondiale a remis sine die le versement d'une aide structurelle de 1 milliard de dollars, tandis que la BAD a suspendu




