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Nigeria: le Pape sermonne la junte. Devant 2 millions de fidèles, Jean Paul II dénonce l'intimidation et l'exclusion.

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Publié le 23/03/1998 à 21h10

Au Nigeria depuis samedi, le pape Jean Paul II a publiquement évoqué

hier la situation politique pour demander au régime d'Abacha de changer de méthode. Devant une foule exaltée de deux millions de fidèles, le souverain pontife a souligné que, au moment où le Nigeria «poursuit une transition pacifique vers un gouvernement démocratique et civil», il lui faut des dirigeants «qui aiment profondément leur peuple et désirent le servir plutôt qu'être servis».

Répression. Arrivé au pouvoir par la force en 1993, le chef de l'Etat nigérian, qui s'y maintient au mépris des droits de l'homme, ne s'est sans doute pas reconnu. La police a encore violemment réprimé, début mars, une manifestation contre sa candidature à la présidentielle du 1er août. «Il ne peut y avoir de place pour l'intimidation et la domination du pauvre et du faible, pour l'exclusion arbitraire d'individus et de groupes de la vie politique, pour un mauvais usage de l'autorité ou pour l'abus de pouvoir», a ajouté Jean Paul II, qui célébrait hier à Oba, près d'Onitsha (est), la messe de béatification du père Michael Cyprian Iwene Tansi, un moine nigérian cistercien. Ces mots ont une résonance particulière à Onitsha, au coeur de cette région ibo meurtrie par la guerre de sécession du Biafra (1967-1970), bastion d'un catholicisme minoritaire (environ 11% des 115 millions de Nigérians) et engagé. L'Eglise, qui s'y est implantée dès 1885, s'est plusieurs fois rangée du côté de l'opposition pour demander le départ des militai

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