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L'incendie menace les Indiens d'Amazonie. L'Etat dépassé par l'ampleur du sinistre qui gagne la réserve yanomami.

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Publié le 31/03/1998 à 21h46

Boa Vista, envoyé spécial.

Une chape de fumée blanchâtre couvre le ciel de Roraima depuis deux semaines. La capitale, Boa Vista, vit dans un brouillard permanent qui, jeudi et vendredi, empêchait les avions de se poser. Quand on survole l'Etat, des centaines d'espaces détruits par les flammes et d'immenses étendues de plaine nue, couleur anthracite, apparaissent entre les volutes. A l'approche de la réserve des Indiens yanomamis, la fumée opaque interdit tout survol. Dans cette zone, les fronts de feu avancent d'environ un kilomètre par jour dans la forêt, en direction des villages indigènes. Vingt-cinq kilomètres carrés de réserve ont déjà été anéantis par les flammes. «Je suis très inquiet parce que cela fait quatre jours que nous n'arrivons plus à nous poser à Paapiu, confie Matthieu Lena, coordinateur d'un poste de santé que Médecin du monde a installé chez les Yanomamis. Les plantations des Indiens ont été détruites par la sécheresse, les gens du poste n'ont plus de ravitaillement. Je voudrais décoller avec de la nourriture et des médicaments mais c'est impossible. Si le feu arrive près des villages ce sera la catastrophe pour les Yanomamis.»

Dans la région d'Apiau et de Camujari, au sud de l'Etat de Roraima, d'innombrables portions de forêt ont été incendiées le long des routes et des pistes. Seules quelques maisons de colons ont été sauvées. Les pompiers sont repartis alors que les braises fument toujours" Tapis de cendre. Dans la région centrale et au nord de l'Etat,

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