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Corée du Nord: la famine «manipulée»Le président de MSF déplore l'opacité et les contraintes qui entourent la lutte contre la disette.

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Publié le 01/04/1998 à 0h07

Une centaine d'employés d'organismes humanitaires internationaux

résident aujourd'hui en Corée du Nord. Voilà un an, il n'y en avait pratiquement pas. Raison de leur présence: une situation de disette ou de famine dont il est pourtant très difficile de cerner l'ampleur. Les estimations vont de quelques centaines à un, deux, voire trois millions de morts depuis 1995. Cette incertitude savamment entretenue commence à susciter un profond malaise chez certaines ONG, qui ont la sensation d'être manipulées. Présente sur place depuis 1995, Médecins sans frontières (MSF) annonce sans ambages à Libération sa volonté d'une «remise en question» de son action en Corée du Nord.

Il est temps de «redéfinir nos missions avec les autorités», explique Philippe Biberson, le président de MSF, de retour d'un voyage d'enquête d'une semaine. «En Corée du Nord, poursuit-il, notre organisation ne fait pas ce qu'elle voudrait, c'est-à-dire agir à hauteur d'homme. Notre geste est utile mais peut être jugé condescendant et récupérable politiquement.» MSF, dont le programme actuel se poursuit jusqu'en juillet, consacre près de 30 millions de francs en distribution de médicaments. «Un programme coûteux», commente le président de MSF Depuis le 13 janvier, l'assistance humanitaire globale à la Corée du Nord (via l'ONU, les ONG et l'assistance bilatérale) se monte à 415 millions de dollars. Cette aide comprend l'envoi de 658 000 tonnes de nourriture par le Programme alimentaire mondial (PAM) ­ la plus grosse

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