Pour la première fois, le nom de François Mitterrand a été prononcé
devant la mission d'information parlementaire sur le Rwanda, par le socialiste Paul Quilès, qui en dirige les travaux. José Kagabo, historien à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et premier expert intervenant hier devant une vingtaine de députés réunis à l'Assemblée, vient de dire son «effarement» devant la langue de bois et le manque d'information des élus français avant et durant le génocide de 1994. Cet été-là, il ne sait à qui s'adresser pour dire que l'intervention militaro-humanitaire française (l'opération Turquoise) est «une énorme erreur». Lionel Jospin, qui n'est plus que conseiller général de Cintegabelle, «me fait l'amitié de me recevoir, raconte José Kagabo. Il m'a dit: "Sachez que, dans le gouvernement [où il a été ministre de l'Education jusqu'en 1992, ndlr], quantité de choses sur le Rwanda n'ont jamais été dites». Et Kagabo commente: «Il y a des dossiers gérés par différents réseaux», «des lieux de gestion qui échappent à l'information».
Le président de la Commission de la défense prend alors la parole: «J'ai souvenance d'une intervention du président de la République en Conseil des ministres, en 1992. François Mitterrand est intervenu entre trente et quarante minutes sur le Rwanda. Je veux simplement vous dire l'importance qu'il accordait au dossier.». Paul Quilès ajoute que l'intervention «a surpris les ministres autour de la table, qui se demandaient si ça valait la pei




