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Libération

La diplomatie d'extorsionPour le régime, tous les moyens pour monnayer sa survie sont bons.

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Publié le 01/04/1998 à 0h06

Première dynastie communiste au monde, le régime politique

nord-coréen est sans aucun doute le plus autoritaire et le plus rigide de la planète. L'information n'y circule pas. Les 22 millions d'habitants sont sédentarisés. Un permis, copié sur la propiska naguère en vigueur dans l'ex-Union soviétique, est nécessaire pour tout déplacement à l'intérieur du pays. Les routes sont entrecoupées de barrages policiers. Les postes de radio disponibles sont bloqués sur les fréquences des radios officielles, qui célèbrent le culte du nouveau dirigeant, Kim Jong-il. Ce dernier a officiellement pris les rênes du parti unique (et donc du pays) en octobre 1997, plus de trois ans après la mort de son père, Kim Il-sung, dont les statues géantes sont plantées aux quatre coins du pays. Alors que l'électricité fait totalement défaut dans les zones rurales et que, dans la capitale, Pyongyang, elle n'est disponible que deux heures par jour, ces monuments à la gloire du «grand leader» sont éclairés nuitamment par de puissants projecteurs. Situation catastrophique. La Corée du Nord est le seul pays d'Asie dont le produit national brut diminue (d'environ 4%, en moyenne) tous les ans depuis 1991. Les magasins sont vides, même si, de loin, les étalages de légumes en plastique de couleur pourraient laisser croire qu'ils sont pleins. En quatre ans, selon les chiffres des Nations unies, la production agricole a chuté de 75%. La dégradation de la situation économique, aujourd'hui catastrophique, a comme

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