Le 6 avril au soir, l'avion qui transportait le président rwandais
Juvenal Habyarimana et son homologue burundais était abattu par un missile, au-dessus de l'aéroport de Kigali. Dans l'heure qui suivait, les tueries commençaient: d'abord, des hommes politiques modérés hutus, des opposants, des journalistes. Puis de simples citoyens, majoritairement tutsis, femmes et hommes, vieillards et nourrissons. En moins de trois mois, le 3e génocide du siècle allait faire près de 1 million de victimes, dans un pays où la population était alors estimée à un peu plus de 7 millions de personnes.
Qui est responsable de l'attentat qui déclencha le génocide rwandais? Quatre ans après, c'est toujours une énigme. Deux présidents sont tués au-dessus d'une capitale où stationne la Minuar la force militaire de l'ONU chargée de faire appliquer les accords de paix d'Arusha et aucune enquête officielle n'est menée. L'avion, un Mystère Falcon, a été offert par la France. Les trois hommes d'équipage sont des Français payés, au travers d'une société privée, par la coopération française. Ils sont morts «en service commandé», selon la version officielle. Ni les familles de ces Français, ni les représentants de la République ne savent aujourd'hui en quoi consistait ce «service commandé». Enquête annulée. De mai 1994 à mars 1997, l'Ivoirien René Degni-Segui, rapporteur de l'ONU sur le Rwanda, a demandé en vain une enquête sur l'attentat, qui est, selon lui, le «noeud gordien» de l'histoire du génocide.




